J'Aime Donc Je Suis

Publié le 8 Juillet 2007

J'ai souvent la sensation que rien ne m'appartient. Ado, je me souviens longtemps avoir cherché ma couleur préférée. J'entendais mes camarades de classe se dire leur chose préférée, ça m'a interpellé. "Je ne sais même pas quelle couleur j'aime, ni quelle musique...". Ceci peut paraître anodin, mais ce sont de petites choses qui t'aident à avoir confiance et à avancer. Je me suis sentie paumée, je me suis demandée "comment savent-ils quelle couleur ils aiment ou quel chanteur ?". J'ai commencé à regarder toutes les couleurs qui m'entouraient, à les comparer, à en rejeter une, à en retenir une autre. Au bout de quelques temps, je me suis aperçue que mon regard s'attardait toujours sur une couleur plus que les autres et finalement oui, c'est celle-ci que j'aime, le bleu. Cette découverte, j'en étais presque fière. Comme ci cette couleur m'appartenait ou bien c'était elle qui m'avait envoûtée. De plus en plus, je m'attardais sur toutes les palettes de bleu. Je découvrais ainsi petit à petit ce détail qui passait inaperçu avant et depuis cette couleur ne me quitte plus.

Ensuite, ce que je n'avais pas par rapport aux autres, c'était un chanteur ou chanteuse. Je n'écoutais pas grand-chose en musique en ce temps par rapport à maintenant, je ne peux passer une journée sans un air de Clayderman ou de Indochine. Periode-Michael-Jackson.jpgIl est vrai que j'aimais Clayderman, mais c'était trop décalé par rapport aux autres et pas assez connu. Je cherchais un style qui collerait avec mon temps. J'ai fini par être accroc à Michael Jackson. Quand je dis accroc, c'est à ne plus savoir s'en passer. Tout ce qui se rapportait à lui, je le gardais, je m'en imprégnais. Je scrutais les programmes de télé, la moindre image de lui fallait pas la louper. Ma chambre était tapissée de ses posters. Durant cette période, un feuilleton retraçant sa vie passait à la télé. J'ai complètement flashé. Tout ce que je faisais se rapportait à lui, je l'imaginais même venant me voir et chanter pour moi, dans mon bourg. J'observais des heures entières ses posters collés au mur, je rêvassais à cette idole que j'avais finalement trouvé et choisi. Je le voyais même sortir de ses posters et chanter pour moi. J'en avais les larmes, j'étais bien dans mes délires. J'avais la sensation de m'avoir enfin trouvé à travers ce personnage. Et puis au fil des années, cette image s'est peu à peu cassée, mon regard a changé. J'ai découvert d'autre style de musique, allant de la techno à Brel...

Il y a une musique que je haie par-dessus tout. Elle me renvoie trop loin et me casse les oreilles. Je me souviens gosse l'avoir longtemps entendu, je ne l'aimais pas, mais il ne fallait pas le dire où tu étais vu comme le méchant loup et de là j'avais le droit aux reproches. Comme si ce n'était pas normal de ne pas aimer ce style de musique, forcément ici cet instrument est une fierté. Pourquoi je déteste tant l'accordéon ? Pas une journée ne passait sans ses notes qui me foudroyaient, auxquelles je n'avais pas le droit de ne pas aimer. C'est difficile de se forcer à aimer ne serait-ce qu'une chose... ça en est même impossible. Tu peux juste t'y faire, cacher que tu n'aimes pas, faire comme ci, t'habituer à entendre ce son qui rentre en toi et que tu hais. Ce son, je le détesterais à vie.

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Rédigé par Sév

Publié dans #Au fil des rencontres

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