Des Maux Qui En Appellent D'Autres

Publié le 6 Juillet 2007

Souvent nous disons il faut savoir parler, dire les choses, ne pas garder ça pour toi. Blabla... en pratique c'est autre. 
Quand tu arrives à extérioriser tes sentiments, il est rare que la personne d'en face, t'interrompe pas par un "mais il faut pas... tu as fini de te plaindre ?", ou il est même pas la peine d'une telle phrase, le regard en dit suffisamment, ou alors un soupir lâché qui chuchote "tu es désespérante...", et quand celui qui était censé t'écouter te coupe la converse par autre sujet... Quelle frustration. Ou alors tu vois apparaître une forme de lassitude dans les traits de l'autre qui s'assombrissent avec le regard, il va finir par chercher à te culpabiliser "oui mais tu n'as qu'à pas y penser, faire ainsi... et passe à autre chose, si t'es ainsi c'est que tu le veux bien". Toi tu te dis, "bon je fais chier tout le monde avec mes histoires, ils s'en foutent pas mal". 
J'ai aussi eu carrément "Je vais finir par me pendre avec tes histoires", alors que je n'avais rien dit... juste fait une TS et clouée au lit avec 3 perf. 
Longtemps, je me suis demandée ce qui clochait chez moi, pour que ma souffrance soit vue et traitée comme de la peste. Tu souffres, tu attends juste une écoute, un soutien, une simple présence, un réconfort... et tu te récoltes la frustration, la colère, la haine, la honte, le mépris, le jugement, la culpabilité... des autres et je mets de côté encore une fois la mienne. 
C'est devenu un automatisme renier les sentiments, les ressentis par peur de la réaction de l'autre en plus de la tienne qui au final est reniée à son tour et ensuite enfuie. Et puis après tu fais en sorte de laisser tout ça de côté, par honte, par gêne, par peur d'être "le monstre". Tu retiens tout, tu espères paraître comme on veut bien te voir, pour pas te récolter en plus de ton mal être celui de l'autre qui va consciemment ou non t'anéantir de plus belle, car au final, tout ce que tu accumules et que tu essaies de cacher tant bien que mal, fini par te ronger. 
Ton corps te tire la sonnette d'alarme, tu vas voir le doc pour un mal qui en cache un autre. Seulement la médecine traditionnelle ne cherche pas toujours le fond... et c'est une chaîne sans fin. Ce maux physique t'angoisse, rappelle que ton esprit habite un corps, que cet esprit s'il va mal, ce corps finira par se déglinguer à son tour. 
Les maux sont enfuis par toi, mais ton âme à tout gardé et ton corps fait de même, il finit par tout absorber jusqu'à saturer et laissant apparaître à son tour ses maux... Et tout ça à commencé par peur de l'autre... tu as fini par avoir peur de toi-même tout simplement, ne plus t'écouter, te renier, te haïr et t'oublier.

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Rédigé par Sév

Publié dans #Vous Autres

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