Mon Petit Canard
Publié le 26 Janvier 2007
Ce que j’aimais par dessus tout petite, c’est traîner dans le poulailler. J’aimais parler aux poules, aux canards et même aux fourmies…
En sortant, un jour, dans la court prés de la porte d’entrée, je vois un petit canard. Je cherche donc dans la foulée où était la mère. Elle était dans la pâture qui donnait sur le poulailler. Là étaient installés les bacs à eau et le grains. Elle mangeait avec tout autour ses poussins. Je remets donc le petit avec ses autres frères. Quelques temps après, il revient auprès de la porte tout seul. J’ai refait la tentative de le remettre dans le groupe et toujours pareil, il revenait à la porte de l’étable.
Je ne pouvais pas le laisser ainsi seul, au pied de la porte. Je prends alors du foin, car
en plus c’était l’hivers, et dans une petite étable à l’abandon, j’installe ce tas dans une boite à sucre vide et je mets à coté une gamelle d’eau et du blé.
Je reste avec longuement en lui parlant. Ainsi pendant de longs jours, je restais avec cette boule de
plumes, qui changeait d’apparence de jours en jours. Je le sortais dans la main les premiers jours, il avait l’air affolé. Petit à petit je le laissais avancer seul dans la nature. Il commençait
a marcher doucement comme tous les autres. Il me suivait pas à pas, à la trace et poussait des petits ricanements. Plus grand il s’affranchissait avec les autres. Quand je revenais du collège, il
était là au bout de la pâture, et on faisait un bout de chemin ensemble. Il ricanait en mettant en avant sa tête et en bougeant sa queue, il avait l’air content. Il savait l’heure à laquelle je
rentrais. Il me suivait ainsi jusqu’à la maison. Quand j’entrais dans la court, je lui donnais une caresse et lui parlait un peu en lui donnant quelques grains de maïs. Il retournait voir ses
camarades ensuite. C’était notre rituel. J’aimais l’observer de loin, de long moment avec les autres.
Un jour, en revenant du collège, il n’était pas au rendez-vous. Je l’ai cherché dans tout le poulailler, les étables, la pâture… Il y avait plus non plus les autres. Ce jour là, ceux qui étaient assez grassouillet on fini dans le congèle. On avait beau me dire que le mien était épargné, on n’aurait jamais fait ça, il était pas là… Je me suis résignée à le chercher vite. C’est vrai qu’il ressemblait à ses autres… Parmi des milliers de canards, j’aurais reconnu sans hésiter le mien. Mon saturnin était unique et je l’oublierais jamais.